Si la noblesse du cheval est innée, celle de l'homme s’acquiert par une difficile quête de la liberté. Ce lourd tribu à payer pour que s'éveille et irradie l'or incandescent dont notre cœur est dépositaire, le cheval peut en montrer la voie. Chaque geste étayant la confiance qu'il nous accorde est un pas vers nous-même, vers le centre de l'être; ce n'est pas le cheval qui est dressé, mais nous qui sommes tendus, attentifs, unifiés, qui enfin trouvons ou retrouvons la voie vers l'essentiel.

La complicité entre l’homme et le cheval exige une confiance mutuelle, un amalgame de force et de douceur, de candeur et de prudence, de rigueur et de souplesse, de fermeté et de caresses; cet incessant ballet de tensions opposées tisse une relation au monde révélatrice de la beauté qui l'auréole. Pendant quelques instants l'intimité est complète, de la fusion des volontés nait un centaure; touché par la grâce qui annihile le temps et magnifie la vie, est entrevue l'aurore qui dépouillée de ses oripeaux nous offre l'éternité.